L’OPTION

« ECONOMIE AGRICOLE »

A HEC

 

1 Les origines de cette option

La création de cette option de troisièmes année à l’Ecole HEC date de la rentrée 1963, lorsque l’école est encore située rue de Tocqueville/Boulevard Malesherbes.

Il est assez surprenant que la Chambre de Commerce et l’Ecole se soient préoccupé de ce secteur économique alors que l’industrie et le commerce sont florissants en France à cette époque.

 

Le rôle probable d'Edgar Pisani.

Il est ministre de l’Agriculture de 1961 à 1966, la plus grande longévité à ce poste.

La modernisation de l’agriculture et de ses structures (foncières, juridiques, économiques) est son objectif majeur, et il joue très probablement un rôle de conviction auprès de la CCIP pour l’introduction d’un enseignement de l’économie de ce secteur économique à HEC, secteur important mais loin des préoccupations de la Chambre, et secteur auparavant passablement oublié pour diverses raisons.

 

(Edgar Pisani : Fin négociateur il est le père de la loi d’orientation agricole qui transforme et modernise l’agriculture française en concertation avec la jeune génération d’agriculteur qui prendra ensuite les commandes de ce que l’on a appelé la révolution silencieuse. Edgard Pisani est également l’interlocuteur français pendant tout le démarrage de la politique agricole commune. ( texte du minagri) 

Ses papiers personnels sont conservés aux Archives nationales sous la cote 491AP[10]

Pour quelles raisons créer un tel enseignement ?

 

Il faut rappeler l’état de ce « monde » agroalimentaire dans les années 60.

  • Production agricole : selon des modèles extrêmement diversifiés : production végétale ou animale, extensive ou en voie d’intensification, de plaine ou de montagne, spécialisée ou polyvalente, etc.. La production agicole est le fait de plus de 1 million d’agriculteurs. La seule économie reconnue à l’époque est l’économie rurale ( voir livres de Claude Mouton). Bref, pas une agriculture mais des agricultures : donc structure complexe et morcelée.
  • Mise en marché et structure du commerce en aval:
  • Fournisseurs de l’agriculture et Industries d’amont :

 

Donc un univers dans lequel les « entreprises » sont encore peu nombreuses, la concentration étant considérée comme inéluctable pour des raisons de productivité et d’optimisation économique : augmenter le revenu agricole tout en maintenant un contrôle des prix alimentaires (l’alimentation représente encore une part importante du budget des ménages)

2 L’appréciation de la première année, 1965-1966.

 

L’Option est créée à la rentrée de septembre 1965, et les trois professeurs de cette première année furent Joseph Le Bihan[1], Roland Violot[2], M. Mouton (Agro, professeur au CNAM)[3]

L’administration de l’école produit un document au printemps 1966 ayant pour objectif de tirer les enseignements de la première année des options et de les présenter aux élèves de notre promotion, ce qui sera fait le « mardi 7 juin 1966 à 14h 30 en Amphi 2 ».

Grâce aux travaux de Benoît Hooge, notre VP Enseignement dont nous connaissons tous le côté conservateur ( de  documents, s’entend) nous disposons des documents de l’administration et de ses notes, permettant de connaitre les principes d’organisation de ces options et  l’appréciation portée par les élèves sur  la première année de cette nouvelle organisation de la troisième années, en 1965-66.

Le déroulement de l’enseignement des options se réalise en plusieurs étapes décrites dans le document du 6 juin 1966:

 

 

La note manuscrite conservée par Benoît apporte d’intéressantes informations sur cette option, sans que l’on sache qui en est le rédacteur. En voici la transcription :

  • Assistance : 95%.
  • Pas de recoupements ( sous-entendu, avec d’autres enseignements, ce critère semble important tant pour l’administration que pour les élèves)
  • Polycopiés : celui de M Le Bihan est intéressant ; souhaités : droit rural, « technologie » rurale
  • Cours le plus intéressant : Le Bihan ( devrait être l’animateur de l’Option)
  • Cours le moins intéressant : M Malezieux
  • Propositions :
    • 10 heures innovation en économie agricole
    • 20 h. Eco Agri d’entreprise
    • 40 h. Le Bihan : pb sociaux, syndicaux, mutuelle, Crédit Agricole, vie rurale, coopératives
    • 30 conférences avec C.A., Ministère, Syndicats, Coop, Industriels
  • Généraliser les Week-End
  • Microthèse en liaison avec INRA, INA, en groupes et pouvant s’intégrer au stage si celui-ci était déplacé vers janvier-février

        Option bien accueillie.

 

3 Pour continuer…

 

Il faudrait trouver la liste des camarades de notre promotion ayant suivi cette option.

Je recherche actuellement  le contact de François Baudriller, promo 65, qui a sans doute connu Le Bihan et que j’ai rencontré vers 1970 dans mon premier parcours à l’INRA, économie des industries des viandes. Il s’est ensuite installé en 1975 dans le piémont pyrénéen, éleveur de chèvres, et en bon entrepreneur il en aurait aujourd’hui un millier, plus fromagerie, production d’électricité, etc…

 

Quelques uns :

- Promo 1963-66 : Hubert Duley (que j’ai vu récemment et qui recherche des souvenirs, son activité professionnelle en fut la suite cohérente  )

  • Promo 1964-67 :, Benoit Hooge, Gérard Chevallier, et les rédacteurs de l’impérissable mémoire sur les engrais, Bernard Dubois, Christian Ozello-Brocco, Bernard Pauly et moi-même. On recherche les autres…

 

 

 

[1]    Joseph le Bihan, économiste à l’INRA  .

[2] Roland Violot, Agro INA-PG 1949, IGREF,

directeur de la compagnie du Nord, président du Sial,    

 

[3] Claude MOUTON (1928-2008), Agro, enseignant en Économie rurale,

  • Les coopératives de la dernière chance, le cas des fruits et légumes / Alain Stérin ; préface de Henry de Farcy ; Avant propos de Claude Mouton / Paris : Éditions Cujas , 1967
  • Un exemple de recherche opérationnelle en économie rurale : programmes linéaires et gestion de l'entreprise agricole [article) Économie rurale Année 1957 34 23-41
  • Le Monde Diplomatique, décembre 1969 : Les difficultés de la relance européenne « A la recherche d’un équilibre agricole », par Claude Mouton